David Keller, Partenariats institutionnels, Direction du Développement et de la Coopération (DDC)
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La DDC a déjà développé de nombreux partenariats publics –privés. Selon vous, quels sont les critères de réussite d’un partenariat ?
Nous parlons de « Public Private Development Partnership » (PPDP) et le critère premier est la disposition des partenaires à créer des situations « win-win ».
La DDC respecte les intérêts lucratifs à long terme des entreprises, mais exige que les objectifs des partenariats et les projets réalisés en commun avec elles soient efficaces dans leur lutte contre la précarité.
Les PPDP sont assez différents des privatisations ou des « partenariats publics-privés » (PPP) traditionnels dans le domaine des services ou de l’infrastructure publics. Nous cherchons en effet des partenariats qui font appel au « core business » des entreprises, ceci pour créer de nouveaux modèles de commerce et/ou pour faciliter l’accès des couches sociales défavorisées aux marchés de production, de distribution et de consommation.
Nous nous engageons également dans le domaine de la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE). Nous pensons que pour créer des situations « win-win » durables, ces types d’engagements doivent agir positivement sur la compétitivité des entreprises, et ne pas relever uniquement d’une démarche caritative.
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Pourriez-vous donner des exemples pour ces deux types de partenariats « win-win »?
Bien sûr. Un partenariat avec Zurich Financial Services (ZFS) et l’International Labour Organisation (ILO) a donné lieu à un nouveau modèle de micro-assurance pour les personnes en situation de précarité. Cette démarche fait appel au« core business » de ZFS et je l’espère, sera lucratif a long terme. Les résultats de ce projet seront publiés. A travers de tels projets, la DDC permet la création de nouvelles industries et services qui répondent aux besoins des personnes en situation de précarité. Un exemple de RSE est un partenariat dans le domaine de la formation professionnelle d’adolescents des couches défavorisées en Afrique du Sud. Ce projet contribue d’une part à réduire le chômage des jeunes et à améliorer le marché du travail local, et est également au bénéfice de 12 entreprises et fondations suisses impliquées dans le projet.
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Quels sont les freins le plus couramment rencontrés?
Du point de vue de la DDC, il y a différents freins. Au niveau opérationnel, les frais de transaction peuvent être élevés et il faut avouer que la dissémination interne des connaissances pratiques et des potentiels des PPDP n’est pas encore au niveau souhaitable. Au niveau stratégique, la DDC suit une logique de planification liée à une concentration thématique et géographique qui n’est pas « opportunity-driven », au contraire du mode d’opération des entreprises dans le contexte des pays en voie de développement.
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La DDC a des relations de longue durée avec les ONG suisses, engagées dans la coopération pour le développement. Quelles sont vos observations concernant les partenariats entre ces ONG et le secteur privé?
Une attitude idéologique ne conduit qu’à la confrontation, l’accusation, et la campagne, ce qui est parfois nécessaire. Mais pour construire des partenariats, une attitude constructive et pragmatique est clé. Ce pragmatisme est devenu plus important.
D’autre part, il y a une différence fondamentale entre la collecte de dons et la recherche de partenariats. Le « fundraising » implique que les donateurs donnent de l’argent, mais qu’ils s’abstiennent à influencer ou même à s’intéresser aux buts et aux engagements des organisations. Au contraire, les partenariats cherchent à valoriser les expériences, expertises et ressources des partenaires dans des projets en commun.
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Quelles sont les tendances pour le futur?
- Beaucoup d’entreprises ont déjà commencé à intégrer une logique de développement dans leur modèle d’affaires. Par exemple, Nestlé avec son « shared value concept » ou Holcim avec le « housing for the poor » programme sont en train de réinventer leur modèle afin d’améliorer les conditions de vie des couches défavorisées. Des partenariats qui s’inscrivent dans ce type de chaînes de valeurs ont un grand potentiel.
- Les ONG suisses vont commencer à combiner les stratégies de confrontation contre des entreprises à niveau international avec des stratégies de coopération – parfois avec une même entreprise, mais peut-être dans d’autres régions ou concernant d’autres agendas thématiques.
- La société civile est souvent amenée à nuire à la réputation des entreprises qui ont commis des fautes, mais elle se refuse encore à participer à la construction de réputation des entreprises modèles, parce qu’elle craint de perdre son indépendance. Si cela changeait, cela pourrait mener à la multiplication des efforts faits par les entreprises.
Pour savoir plus sur la DDC : www.deza.admin.ch






